Polygonum tinctorium Aiton
Ampelygonum tinctorium (Aiton)Steud.
Persicaria tinctoria (Aiton) H. Gross
Persicaria tinctoria (Aiton) Spach
Pogalis tinctoria (Aiton) Raf.
Aire de croissance
Originaire du Vietnam et du sud de la Chine, cultivée ailleurs.
Chine (Partout), Japon, Vietnam.
Pousse dans les vallées humides, sur les berges des rivières à une altitude allant de 200 à 100m.
Synonymes POWO (5)
Papiers fabriqués depuis cette plante (11)
📍 Corée (8)
Noms vernaculaires (13)
🌐 Anglais (5)
🌐 Chinois (1)
- Liao lan (蓼蓝 )
🌐 Coréen (1)
- Jjok (쪽 )
Zones de production
Culture et usage
L’utilisation de Polygonum tinctorium est très ancienne dans le sud de la Chine et au Vietnam. Son usage tinctorial ou médicinal est attesté sous les Zhou de l’ouest (1050-771 av. JC.). La technique est parfaitement maitrisée sous les Han (206 av JC. – 220 ap. JC.) comme l’attestent les découvertes de textiles archéologiques, en particulier des vêtements de soie datant de cette période.
Les Miao dans le sud du Sichuan, nord du Yunnan et du Guizhou l’utilisaient sous forme de pâte. C’était la source d’indigo la plus importante dans tout l’extrême orient jusqu’à l’arrivée de l’Indigofera tinctoria.
La culture de la plante, l’extraction de la fécule d’indigo et la teinture en cuve sont décrites dans le « Qimin yaoshu » ou « Principales techniques pour le bien-être du peuple » de Jia Sixie (Texte sur l’agriculture en 10 volumes datant du 6e siècle) ainsi que dans le « Tiangong kaiwu » ou « Créations de la nature et du travail de l’homme » de Song Yingxing (encyclopédie datant de 1634 ou 1637). Li Shizen dans le « Bencao gangmu » ou «Compendium de Materia Medica », publié en 1590, distingue diverses sortes de plantes à indigo dont le Sunglan (Isatis tinctoria), le Liaolan (Polygonum tinctorium), le Mulan (Indigofera tinctoria).
Mode de préparation
Méthode de la fécule d’indigo: La récolte a lieu pendant l’été. Les tiges et feuilles sont placées dans une fosse ou une cuve suivant la quantité à traiter, recouvertes d’eau et pressées avec une planche ou une pierre. La fermentation démarre rapidement et provoque une augmentation de la température. Elle peut durer jusqu’à 20 heures selon la température ambiante. Le liquide jaune vert qui se forme est filtré puis il est brassé violemment pendant plusieurs heures afin de l’aérer et l’oxyder. La précipitation de la couleur est provoquée par l’ajout de chaux ou d’une lessive de cendres. Le dépôt ou fécule d’indigo, est recueilli, lavé, filtré. Il peut être pressé en pains ou conservé en pâte humide.
C’est sous cette forme que l’indigo est livré aux teinturiers. Il faut pour procéder à la teinture, le mélanger avec des cendres de paille de riz et de l’eau et de nouveau agiter violemment.
Méthode directe : Les feuilles sont écrasées et laissées à fermenter dans une cuve d’eau chaude permettant une activité bactérienne. Chaux ou cendres sont rajoutées pour conserver un taux alcalin fixe. L’étoffe est placée directement dans ce bain. L’oxydation a lieu quand le tissu est retiré et exposé à l’air. Cette méthode donne des bleus pâles. Il faut réitérer trempages et exposition à l’air et l’apport de feuilles fraiches pour obtenir une couleur plus intense.
Culture et usage
Les plantes à indigo utilisées au japon sont Indigofera tinctoria, Strobilanthes flaccidifolia, Isatis tinctoria et Polygonum tinctorium, ce dernier étant le plus fréquemment.
L’indigo de Polygonum tinctorium est utilisé dans la teinture des tissus, des papiers et également dans l’impression des estampes. Il est souvent utilisé pour faire des verts, en mélange avec Miscanthus tinctorius.
La plante a été cultivée dans tout le Japon mais plus particulièrement à Shikoku (préfecture de Tokushima) où le rendement était très bon grâce aux conditions de sols et de climat particulièrement propices. La région d’Awa fut un grand centre de production de l’indigo qui l’a enrichie de longue date. Sa culture y perdure actuellement.
Importée de Chine probablement vers le 4e siècle, Polygonum tinctorium devient la principale source d’indigo. Dès le 8e siècle son emploi par les teinturiers est cité dans le code de l’administration (Shokuin-rei). Au 18e siècle c’est toujours la principale source de teinture pour les étoffes. Pendant la période Edo (1603-1868) le Japon démarre l’importation puis la culture du coton afin de répondre aux restrictions à l’usage de la soie. L’indigo était le plus approprié pour la teinture du coton. Toutes les classes sociales portaient des vêtements bleus. C’est probablement à la même époque que débute son emploi dans l’impression des estampes.
Les deux méthodes de teinture directe et par fermentation sont utilisées. Cette dernière a débuté pendant la période Nara (710-794). Plus tard pendant la période Muromachi (1333-1573) une méthode compliquée de double fermentation sera mise au point.
Pour obtenir un papier bleu clair il est possible de teindre la pâte dans la cuve. Pour obtenir un bleu intense, la feuille de papier est teintée par trempage dans un bain de teinture.
Les papiers bleus sont utilisés pour la couverture des livres. Ils sont également employés pour la copies des soutras bouddhiques avec de l’encre d’or.
Introduction papier
Suffixes kami, gami, shi = papier.
Au Japon les papiers de kozo sont les plus nombreux.
Au Japon les papiers de kozo sont les plus nombreux.
Mode de préparation
Les graines sont semées au moment de l’équinoxe de printemps (mi mars). Elles sont repiquées en mai et la première récolte a lieu en été. Les plantes sont triées, laissées à sécher pendant un deux jours et les feuilles sont séparées de la tige par battage
Méthode directe : Les feuilles sont écrasées et laissées à fermenter dans une cuve d’eau chaude permettant une activité bactérienne. Chaux ou cendres sont rajoutées pour conserver un taux alcalin fixe. L’étoffe est placée directement dans ce bain. L’oxydation a lieu quand le tissu est retiré et exposé à l’air. Cette méthode donne des bleus pâles. Il faut réitérer trempages et exposition à l’air et l’apport de feuilles fraiches pour obtenir une couleur plus intense.
Méthode des coques : Les feuilles sont entassées en une couche d’un mètre de hauteur dans un entrepôt où elles sont humidifiées et brassées régulièrement tous les trois jours. De nouvelles feuilles sont ajoutées et aspergées d’eau pendant toute l’opération. La température monte au fur et à mesure de la fermentation et peut atteindre 70°C. Le tas est ensuite recouvert d’une natte de paille pour conserver la chaleur et la fermentation se poursuit pendant une centaine de jours. Les feuilles sont broyées, égouttées et façonnées en coques ou aidama qui sont mises à sécher. Ces coques pour être ensuite utilisées, sont concassées et la fermentation est réactivée en ajoutant de l’eau tiède. Le colorant est directement extrait de la boule de feuilles (ce qui nécessite un filtrage).
Méthode de la fécule d’indigo : Après la récolte les feuilles sont laissées à sécher deux jours. Elles sont mises à fermenter dans une cuve recouverte d’une petite couche d’eau. La fermentation peut durer jusqu’à 20 heures selon la température ambiante. Le liquide est alors recueilli et filtré. Il est battu afin de lui faire absorber de l’oxygène et de l’oxyder. La précipitation se fait en ajoutant un alcalin (chaux ou lessive de cendres). Le dépôt est rincé, bouilli puis filtré ; on parle de fécule d’indigo ; la pâte est ensuite façonnée en pains.
Méthode par double fermentation: Les feuilles sont préparées suivant le procédé de fermentation classique. Puis la teinture est gardée dans les jarres plusieurs mois sans l’agiter pour éviter l’oxydation. Quand celle-ci démarre, il se forme des bulles violettes à la surface qu’on appelle « fleurs d’indigo ». Cette mousse est prélevée, séchée et écrasée pour la réduire en pigments en poudre. Ces pigments sont utilisés pour façonner des bâtonnets en les mélangeant à de la colle animale.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (sukizome) ou de la feuille (hitachizome par trempage).
Pour teindre du papier par trempage, les feuilles sont pincées une à une entre deux plaquettes de bois par le petit coté. Cela permet de garder la feuille plate pendant le trempage.
En général trois jarres de teinture sont préparées avec des concentrations décroissantes. Le papier est trempé dans la jarre de teinture la moins concentrée puis l’oxydation a lieu à l’air et on procède au trempage dans la jarre un peu plus concentrée. Après oxydation la feuille est trempée dans la jarre de forte concentration. L’opération peut être répétée plusieurs fois pour obtenir une couleur plus ou moins intense. La feuille est séchée en exposant sa surface à l’air ; la couleur change par oxydation.
Culture et usage
Deux encyclopédies du 18e siècle signalent le procédé d’extraction de l’indigo.
C’est une teinture qui a toujours été très populaire ; le bleu est appelé « jjok bit » ou « Bleu de Corée ». Les procédés traditionnellement utilisés sont ceux par fermentation.
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
Méthode des coques : Les feuilles sont entassées dans une cuve ou une fosse ou un entrepôt où elles et sont humidifiées et brassées régulièrement. La température monte au fur et à mesure de la fermentation. Elles sont ensuite broyées, égouttées et façonnées en coques qui sont mises à sécher.
Elles sont vendues aux teinturiers sous cette forme. Ces coques pour être utilisées pour teindre, sont concassées et la fermentation est réactivée en ajoutant de l’eau tiède. Le colorant est directement extrait de la boule de feuilles.
Méthode de la fécule d’indigo : Après la récolte les feuilles sont laissées à sécher pendant deux jours. Elles sont mises à fermenter dans une cuve recouverte d’une petite couche d’eau. La fermentation peut durer jusqu’à 20 heures selon la température ambiante. Le liquide est alors recueilli et filtré. Il est battu afin de lui faire absorber de l’oxygène pour l’oxyder. La précipitation se fait en ajoutant un alcalin (chaux ou lessive de cendres). Le dépôt est rincé, bouilli puis filtré. La pâte est ensuite façonnée en pains ou conservée en boue appelée Niram.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (Seonyeombeop) ou de la feuille par trempage (Huyeombeop). Le papier peut ensuite être martelé.
Aire d'utilisation
Chine, Corée, Japon.
Culture et usage
Polygonum tinctorium est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle de 30 à 50cm. Les fleurs rose pale sont de petite taille et la floraison a lieu de juin à octobre. Les fruits sont petits, noirs et durs. La plante préfère des sols fertiles et une exposition ensoleillée. Les climats chauds et humides lui conviennent le mieux. La récolte peut avoir lieu deux fois par an avant la floraison.
La plante est cultivée pour ses propriétés médicinales (propriétés anti-inflammatoire et fébrifuge) et comme source de teinture.
Les plantes à indigo représentent environ un millier d’espèces dans le monde. L’indigo produit par Polygonum tinctorium est l’une des teintures bleues les plus anciennes. L’espèce principalement exploitée pour son indigo en Asie actuellement, est le vrai indigo ou Indigofera tinctoria.
Les feuilles contiennent un hétéroside incolore de l’indoxyline, l’indican. Celui-ci par hydrolyse acide ou enzymatique libère de l’indoxyle et des sucres. L’indoxyle au contact de l’oxygène de l’air, s’oxyde en dihydro-indigo (verdâtre) puis en indigotine (bleue).
L’indican se trouve uniquement dans les feuilles. Les feuilles de Polygonum tinctorium peuvent donner environ 5% d’indigo.
Les feuilles fraiches peuvent être utilisées directement pour teindre les tissus en les écrasant dans l’eau et en mettant l’étoffe à teindre à leur contact direct.
Cette méthode est utilisée dans les zones de culture de la plante. L’autre méthode consiste à produire une substance intermédiaire qui sera utilisée après fermentation.
Les bleus servent de pied pour obtenir des verts et des violets.
Mode de préparation
La préparation de la teinture à partir de plantes à indigo s’effectue selon trois techniques principales : la méthode de teinture directe, la confection de coques et celle de fécule d’indigo. Il existe cependant de nombreuses variantes géographiques liées principalement aux ingrédients localement disponibles.