Indigofera tinctoria L.
Anila tinctoria (L.) Kuntze
Anila tinctoria var. normalis Kuntze
Indigofera indica Lam.
Indigofera sumatrana Gaertn.
Aire de croissance
Indigofera tinctoria était autrefois cultivé partout sous les tropiques pour la production d’indigo.
Birmanie, Chine (Cultivé dans le Sud-Ouest de l’Anhui, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Yunnan), Egypte, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Pakistan (Pendjab, Sind), Philippines, Sri Lanka, Taiwan, Thaïlande, Vietnam.
Birmanie, Chine (Cultivé dans le Sud-Ouest de l’Anhui, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Yunnan), Egypte, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Pakistan (Pendjab, Sind), Philippines, Sri Lanka, Taiwan, Thaïlande, Vietnam.
A l’état sauvage, il pousse au bord des rivières et des routes jusqu’à 800m d’altitude dans toute l’Asie tropicale.
Synonymes POWO (2)
Papiers fabriqués depuis cette plante (3)
📍 Corée (1)
Noms vernaculaires (17)
Zones de production
Culture et usage
L’utilisation des plantes à indigo en Chine remontent aux Han (208 av JV- 25 ap JC) comme teinture et comme plante médicinale. La demande d’indigo sous les Ming (1368-1644) augmente à cause du développement de la culture et du tissage du coton. Utilisé dans le nord de la Chine.
Li Shizen dans le « Bencao gangmu » ou «Compendium de Materia Medica », publié en 1590, distingue diverses sortes de plantes à indigo dont le Sunglan (Isatis tinctoria), le Liaolan (Polygonum tinctorium), le Mulan (Indigofera tinctoria).
Mode de préparation
Quand la plante est mûre (au moment de la floraison) on la coupe à ras de terre.
Les plantes sont mises à macérer dans une cuve avec de l’eau. Quand la fermentation est terminée on ajoute de l’eau de chaux pour précipiter l’indigo. Le précipité est alors séché à l’ombre.
Culture et usage
Les plantes à indigo utilisées au japon sont Indigofera tinctorium, Strobilanthes flaccidifolia, Isatis tinctoria et Polygonum tinctorium. Ce dernier est le plus fréquemment utilisé au japon.
Les papiers teintés à l’indigo sont utilisés pour la rédaction de textes religieux ou officiels. Ils peuvent être martelés pour les rendre plus solides.
Pour obtenir un bleu intense, la feuille de papier est teintée par trempage dans le bain de teinture. Pour obtenir un bleu clair il est possible de teindre la pâte dans la cuve.
Les papiers bleus sont utilisés pour la couverture des livres.
Introduction papier
Suffixes kami, gami, shi = papier.
Au Japon les papiers de kozo sont les plus nombreux.
Mode de préparation
La plante est coupée au ras du sol quand elle fleurit et que les feuilles prennent une couleur rougeâtre car la teneur en indigotine est la plus élevée. Elle refleurira trois mois plus tard. On peut procéder à une deuxième et troisième coupe.
Méthode directe : La plante est utilisée immédiatement : les plantes sont mises à fermenter dans une cuve d’eau chaude permettant une activité bactérienne. On rajoute de la chaux ou des cendres pour conserver un taux alcalin fixe. La teinture se fait directement dans ce bain.
Méthode des coques : La plante fraiche est broyée, égouttée et façonnée en boules (coques ou aidama) qui sont mises à sécher. Ces coques pour être ensuite utilisées, sont concassées et la fermentation est réactivée en leur ajoutant de l’eau tiède. On revient alors au premier procédé.
Méthode de la fécule d’indigo : Les pieds sont mis à fermenter dans une cuve recouverte d’une petite couche d’eau. La fermentation peut durer jusqu’à 20 heures selon la température ambiante. Le liquide est alors recueilli et filtré. Il est battu afin de lui faire absorber de l’oxygène pour l’oxyder ce qui permettra sa floculation. La précipitation se fait en ajoutant un alcalin (chaux ou une lessive de cendres). Le dépôt est rincé, bouilli puis filtré ; on parle de fécule d’indigo ; la pâte est ensuite façonnée en pains.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (sukizome) ou de la feuille (hitashizome par trempage ou hikizome par brossage).
Pour teindre du papier par trempage, les feuilles sont pincées une à une entre deux plaquettes de bois par le petit coté. Cela permet de garder la feuille plate pendant le trempage.
En général trois jarres de teinture sont préparées avec des concentrations décroissantes. Le papier est trempé dans la jarre de teinture la moins concentrée puis l’oxydation a lieu à l’air et on procède au trempage dans la jarre un peu plus concentrée. Après oxydation la feuille est trempée dans la jarre de forte concentration. L’opération peut être répétée plusieurs fois pour obtenir une couleur plus ou moins intense. La feuille est séchée en exposant sa surface à l’air. La couleur change par oxydation.
Culture et usage
Les teinturiers sont installés dans le sud de la Corée où la culture est plus aisée grâce à un climat plus chaud.
La teinture sert de pied pour les violets et les verts (en combinaison avec Gardenia jasminoides).
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (Seonyeombeop) ou de la feuille par trempage, brossage ou pulvérisation (Huyeombeop ) ou par combinaison des deux méthodes (Honyeombeop). Le papier peut ensuite être martelé.
Aire d'utilisation
Chine, Corée, Japon.
Culture et usage
Plante buissonnante à tige unique pouvant atteindre 60cm à 1m50. Plante bisannuelle mais qui fournit trois récoltes par an car elle pousse rapidement. Peut s’acclimater à tous les pays chauds. La plante nécessite des sols assez riches, un climat humide ou une bonne irrigation. La floraison a lieu de mai à août ; les feuilles prennent alors une teinte violacée due à la forte teneur en indican.
La plante a été introduite en Europe pendant l’antiquité depuis l’Inde.
Les plantes à indigo représentent environ un millier d’espèces dans le monde. Il existe plusieurs sortes d’indigofera qui fournissent la couleur bleue ; les principaux sont: coerula, arrecta, suffruticosa et tinctoria. Indigofera tinctoria est très utilisé dans le monde comme source de teinture à l’indigo.
La couleur est extraite des feuilles de la plante qui contiennent le colorant, l’indican. Celui-ci se décompose par hydrolyse enzymatique en sucre et en indoxyline ; par oxydation à l’air, deux molécules d’indoxyline donnent une molécule d’indigotine. La teneur en précurseur (indican) est variable suivant les espèces et l’âge de la plante.
Les bleus servent de pied pour obtenir des verts et des violets.
Mode de préparation
La préparation de la teinture à partir de plantes à indigo s’effectue selon trois techniques principales : la méthode de teinture directe, la confection de coques et celle de fécule d’indigo. Il existe cependant de nombreuses variantes géographiques liées principalement aux ingrédients localement disponibles.
Généralement il n’est pas nécessaire d’utiliser un mordant mais si c’est le cas, le mordant est de l’alun ou de la crème de tartre.