Rubia tinctorum L.
Rubia iberica ( Fisch. ex DC.) K. Koch
Rubia tinctorum var. iberica Fisch. Ex DC.
Aire de croissance
Cette espèce est originaire d'Asie occidentale et centrale. Elle s'est répandue par culture dans les régions tempérées.
Chine, Corée, Inde (Cachemire), Irak, Iran, Japon (Honshu), Jordanie, Liban, Pakistan, Russie (Crimée), Syrie, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie, Ouzbbékistan, Ukraine.
Synonymes POWO (14)
Papiers fabriqués depuis cette plante (5)
📍 Corée (5)
Noms vernaculaires (10)
🌐 Anglais (5)
🌐 Chinois (1)
- Ran se qian cao (染色茜草)
🌐 Coréen (1)
- Western Kkokduseoni (서양 꼭두서니 )
🌐 Français (1)
🌐 Japonais (2)
- Seiyou akane (せいようあかね )
- Indo akane (インド茜 )
Zones de production
Culture et usage
La plante serait endémique au Japon. Son usage pour les textiles remonterait au 4e siècle.
Le colorant est utilisé dans la teinture des tissus et également dans l’impression des estampes.
L’arrivée de l’alizarine de synthèse a considérablement réduit la demande du colorant naturel.
D’autres Rubia sont cultivées au Japon pour leur colorant : Rubia cordifolia L., Rubia argyi (H. Léveillé & Vaniot) H. Hara ex Lauener & D.K. Ferguson plus connu par son synonyme Rubia akane Nakai.
Mode de préparation
La plante est arrachée quand elle a 18 à 30 mois, à la fin de l’été quand les tiges commencent à faner.
Les racines sont mises à sécher soit à l’air libre soit en étuve pendant quelques jours.
Elles sont ensuite écrasées et réduites en poudre. Elles peuvent se conserver sous cette forme avant d’être utilisées pour teindre.
Utilisation immédiate : La racine est coupée en morceaux placés dans l’eau pour macérer. L’extrait est filtré. Puis on rajoute de l’eau fraiche et on recommence l’opération pour obtenir plusieurs extraits qui seront mélangés. Le second extrait qui a tendance à être orangé est parfois jeté.
Le colorant doit subir un mordançage à l’alun pour se fixer sur les fibres.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (sukizome) ou de la feuille (hitashizome par trempage ou hikizome par brossage).
Pour teindre du papier par trempage, les feuilles sont pincées une à une entre deux plaquettes de bois par le petit coté. Cela permet de garder la feuille plate pendant le trempage.
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
L‘amidon de riz fermenté est utilisé pour la séparation des colorants rouge et jaune. Les morceaux de racine sont mis à bouillir pendant 2 à 3 heures puis l’amidon est introduit dans la cuve. La teinture filtrée est prête à l’emploi.
Le mordançage est réalisé à l’aide d’alun pour obtenir une teinte orangée et avec un alcalin pour un rouge vif.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (Seonyeombeop) ou de la feuille par trempage, brossage ou pulvérisation (Huyeombeop ) ou par combinaison des deux méthodes (Honyeombeop). Le papier peut ensuite être martelé.
Aire d'utilisation
Corée, Japon.
Culture et usage
Rubia tinctorum est une plante herbacée rhizomateuse aux racines vivaces qui peut atteindre 1m de hauteur. Elle préfère les terres perméables et meubles. La nature des terrains (acides ou alcalins) influence la couleur finale de la teinture; les sols calcaires accroissent la quantité de colorant des racines.
Les fleurs sont très petites, d’une couleur jaune-vert. La floraison a lieu en juillet. Les fruits sont petits et noirs.
C’est l’une des teintures les plus anciennes en Inde et en Egypte (vestiges archéologiques dans ces deux régions datant du second millénaire avant JC.).
Elle est également utilisée comme pigment (en particulier pour la peinture) depuis l’Antiquité gréco-romaine. Elle doit son succès d’une part à l’éventail de couleurs qu’elle permet d’obtenir en particulier en la combinant avec d’autres colorants et d’autre part à son faible prix de revient comparés aux rouges animaux ; c’est ainsi qu’elle fut utilisée pendant l’Antiquité comme excellente imitation de la pourpre du murex. Son introduction en Extrême-Orient est également très ancienne. Son emploi va disparaitre avec l’arrivée des colorants à l’aniline.
Elle est aussi utilisée pour ses propriétés médicinales en particulier antibactériennes et dans l’élimination des calculs rénaux.
Les rhizomes contiennent 19 colorants anthraquinoniques dont les plus importants sont l’alizarine et la purpurine qui se trouvent en plus grande concentration dans l’écorce des rhizomes. L’intérieur de la racine contient un liquide jaune qui rougit au contact de l’air.
Le séchage du rhizome intervient dans la quantité de purpurine contenue : le rhizome frais en contient peu car elle se forme par transformation de la pseudopurpurine.
Mode de préparation
La garance se multiplie par plantation des graines ou par division des racines. Les plantes sont récoltées dans leur troisième année car la concentration de colorant est plus importante. La récolte a lieu à la fin de l’automne.
Les racines sont triées, grattées, séchées puis pelées. Leur écorce est broyée pour être réduite en poudre. La poudre est stockée en tonneaux pour vieillir avant d’être vendue aux teinturiers.
La garance contient deux substances colorantes: une rouge foncée et une jaunâtre soluble dans l’eau. Pour les séparer il faut dissoudre la poudre de garance dans l’eau et laisser décanter. L’eau jaune surnageant est éliminée et on recommence l’opération jusqu’à ce que l’eau soit claire.
Ensuite la garance est mise à bouillir pendant plusieurs heures puis filtrée à travers un tissu. Elle est conservée liquide.
Une autre méthode consiste à obtenir la « fleur de garance ». La poudre de racines est traitée avec une eau acidulée puis rincée afin d’éliminer les colorants jaunes, les mucilages et les sels minéraux. La poudre résultante acquiert alors un meilleur pouvoir colorant.
Le mordançage est généralement pratiqué à l’alun. Le mordançage au fer donne une couleur violette.