Pleioblastus amarus (Keng) Keng f.
Arundinaria amara Keng
Aire de croissance
La majeure partie des espèces de bambous est originaire d'Asie, la plupart se trouvant en Asie du Sud-Est, région chaude et humide. On les trouve à des altitudes variables, jusqu'à 3000 m dans l'Himalaya.
Chine (Anhui, Fujian, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang), Corée.
Pleioblastus amarus pousse depuis les plaines jusqu’aux collines basses ; il est fréquemment cultivé.
Synonymes POWO (13)
Papiers fabriqués depuis cette plante (13)
📍 Chine (8)
📍 Corée (2)
Noms vernaculaires (4)
🌐 Anglais (2)
🌐 Chinois (1)
- Ku zhu (苦竹)
🌐 Coréen (1)
- Daenamu (대나무 )
Zones de production
Aire d'utilisation
Fujian (Comté de Naping), Jiangsu, Jiangxi (Comté de Guangxin), Sichuan (Comté de Jiangan), Zhejiang (Comtés de Taishun, Fuyang).
Culture et usage
La culture du bambou existe en Chine depuis plus de 7000 ans ; elle est profondément enracinée dans la culture et la vie quotidienne des Chinois. Les bambous ont toujours servi à fabriquer toutes sortes d’objets de la vie quotidienne et avant l'invention du papier, ils étaient les supports les plus importants pour l'écriture pendant environ 800 ans. Les premiers pinceaux étaient aussi fabriqués à partir de bambou.
Le bambou est une source de fibres papetières abondantes et bon marché. Il est utilisé seul ou en mélange avec d’autres fibres. Le bambou est cultivé partout en Chine sauf dans l’extrême nord mais dans le passé il poussait jusqu’aux provinces longeant le fleuve jaune (Huang He); sa culture s’est déplacée vers le sud à cause de la déforestation.
Les espèces de bambous recensées dans la fabrication du papier varient selon les auteurs. Pan Jixing en recense 4 genres : Phyllostachys edulis, Phyllostachys nigra (Lodd.ex Lindl.) Munro, Pleioblastus amarus Keng et Dendrocalamus affinis Rendle.
Mais on cite également les genres : Drepanostachyum falcatum (Nees) Keng, Indosasa McClure, Melocanna bambusoides Trinius, Phyllostachys aurea Carr. ex M. Riv & C.Riv, Phyllostachys heteroclada Oliv., Semiarundinaria densiflora Rendle T.H. Wen et Schizostachyum Nees.
Les tous premiers papiers de bambous auraient été fabriqués dès les 5e – 6e siècles. Le bambou devient la source majeure de fibres pour le papier à partir de la seconde moitié du 8e siècle sous la dynastie Tang.
Au début, c’est un substitut du chanvre, première matière textile, et du rotin qui est complètement épuisé à la fin de la dynastie Tang (618-907). Il est abondant et bon marché car il pousse rapidement. Sous les Tang, période féodale marquée par une très forte stabilité politique, un fort développement culturel et une grande prospérité économique, les besoins en papier pour la rédaction de documents augmentent.
L’utilisation du bambou démarre au Guangdong où il pousse en abondance grâce à un climat chaud et humide. La méthode s’étend au Zhejiang et au Jiangsu pendant la dynastie Song (960-1279). En effet, c’est sous les Song qu’est inventée l’imprimerie à caractères mobiles accélérant le développement de l’industrie papetière.
Cependant il semble qu’alors, la fabrication n’en soit qu’au stade initial et le résultat imparfait.
Divers témoignages écrits montrent que si le papier de bambou a été inventé à la fin du 8e siècle, il ne devient populaire, surtout auprès des artistes, qu’à la fin du 12e siècle, début 13e siècle.
C’est sous la dynastie Ming (1368 – 1644) que la technique de fabrication des papiers à partir de bambous va se perfectionner. Une description détaillée est donnée dans le "Tian Gong Kai Wu" ou "Créations de la nature et du travail de l’homme" (ouvrage du 17e siècle de Song Yingxing), où un long chapitre est consacré à la fabrication du papier avec du bambou.
La fabrication du papier de bambou est restée plus ou moins la même jusqu’à présent. Dans les années 1950 la production de papier artisanal de bambou était d’environ 120.000 tonnes.
Introduction papier
Suffixes zhi or chih = papier.
En Chine, à la différence de la Corée et du Japon, les papiers de fibres de mûrier à papier ne sont pas prédominants, la production de papier de fibre de bambou étant la plus importante.
Mode de préparation
La récolte a lieu lorsque le bambou commence à bourgeonner. Feuilles et bourgeons sont éliminés et les tiges de bambous sont coupées à une longueur de 1m50 à 2m. L’écorce verte est ensuite éliminée après ou non passage dans un bain d’eau (l’opération s’appelle « tuer le vert »). Les morceaux de bambous sont découpés sur leur longueur et rassemblés en fagots de 25 kg. Les fagots sont alors immergés dans l’eau pendant une semaine puis découpés en bottes de 50cm. Ces bottes sont immergées dans des fosses pleines de chaux pendant 1 ou 2 mois. Les bambous sont ensuite rincés à l’eau claire pour éliminer toute la chaux ; ce rinçage dure 10 jours environ.
Les bottes sont ensuite mises à bouillir dans l’eau pendant 5 jours pour les ramollir, puis arrosées d’urine et laissées à fermenter pendant 15 jours. Les bottes sont ensuite replacées dans les fosses remplies d’eau et retirées au fur et à mesure des besoins mais en général pas avant six mois.
Une autre technique consiste à cuire le bambou dans une solution alcaline de cendres ou d’eau de chaux pendant 4 ou 5 jours ; l’opération permet d’éliminer les substances incrustantes et également de blanchir les fibres.
Pour obtenir la pâte, avant fabrication de la feuille, un premier raffinage est effectué dans une meule en pierre jusqu’à obtention d’une consistance argileuse. Autrefois on utilisait un marteau pilon à bascule. Actuellement la pâte obtenue est versée dans une sorte de pile de type pile hollandaise sans roue où elle défile ; cette opération permet l’élimination des gros morceaux qui surnagent.
La pâte est ensuite versée dans la cuve, délayée dans l’eau et on lui adjoint un mucilage qui servira d’agent de formation de la feuille. La nature de la plante qui fournit ce mucilage varie selon les régions.
Les feuilles sont formées en une seule plongée sur des formes à papier mobiles. Les feuilles sont placées en pile avec un fil intercalaire. A la fin de la journée, la pile de feuilles est placée sous une planche recouverte d’une charge ou dans une presse à levier.
Le lendemain on procède au séchage : les feuilles sont détachées de la pile et brossées à la surface d’une paroi verticale d’un double mur de briques chauffé comme un four ; elles peuvent aussi être brossées sur une planche ou posées sur le sol.
Le papier peut être ou non encollé avec de la colle de farine de blé ou de riz : la colle est brossée sur les deux faces avec une brosse large. L’opération peut se faire au moment du séchage.
Culture et usage
En Corée le papier de bambou est fabriqué à partir de la période Joseon (1392-1910) quand la matière papetière principale (broussonetia kazinoki) fait défaut. Le bambou est alors utilisé comme fibres complémentaires aux fibres de dak.
Le papier est fabriqué à partir des feuilles de bambou ou en mélange avec des écorces de mûrier à papier. C’est un papier ordinaire pour usage quotidien.
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Aire d'utilisation
Chine, Corée.
Culture et usage
Les bambous comptent 80 genres et plus de 1200 espèces dont 300 en Chine. Ce sont des herbes vivaces qui poussent en grosses touffes et se multiplient par leurs rhizomes d’où partent des tiges creuses lignifiées ponctuées de nœuds. Ils peuvent atteindre 30 à 40m de haut. La floraison est aléatoire : ils fleurissent tard et à des âges différents selon les espèces puis ils meurent.
Les bambous abondent dans toute l’Asie où ils sont profondément ancrés dans les cultures. Outre la fabrication de toutes sortes d’objets de la vie quotidienne, les jeunes bambous sont comestibles et certains bambous sont également utilisés en phytothérapie.
Introduction papier
Suffixes zhi or chih = papier.
En Chine, à la différence de la Corée et du Japon, les papiers de fibres de mûrier à papier ne sont pas prédominants, la production de papier de fibre de bambou étant la plus importante.
Mode de préparation
La culture des bambous se fait par bouturage d'un morceau de rhizome d’un bambou de quatre ans environ. La plantation a lieu entre mars et avril ou entre août et septembre.