Miscanthus tinctorius (Steud.) Hack
Erianthus tinctorius Sieber
Miscanthus sieboldii Honda
Saccharum tinctorium Steud.
Aire de croissance
Tout l’Extrême-orient, Japon (Honshu).
Pousse sur les pentes des montagnes, dans les prés et les lieux non cultivés.
Synonymes POWO (6)
Papiers fabriqués depuis cette plante (0)
Aucun papier associé à cette plante.
Noms vernaculaires (7)
🌐 Anglais (4)
🌐 Chinois (1)
- Qing mao (青茅)
🌐 Français (1)
🌐 Japonais (1)
- Kariyasu (かりやす)
Zones de production
Culture et usage
Ce colorant a été identifié dans des vêtements de tombes du Xinjiang, datant du 5e av. JC.
Culture et usage
Pendant la période Nara (710-794), Ibukiyama près du lac Biwa (Préfecture de Shiga) est renommée pour la qualité de son karyasu grâce à des conditions climatiques favorables à sa croissance.
La teinture est souvent confondue, à cause de la proximité de ses composants, avec celle extraite du kobunagusa (Arthraxon hispidus L.).
L’emploi de Miscanthus tinctorius est attesté par des sources écrites dès le 8e siècle. Le colorant jaune cité dans le "Ebukuryo" (code des vêtements du 8e siècle ap JC) peut être du Karyasu mais pourrait aussi être du Kuchinashi (Gardenia jasminoides Ellis) ou du Kihada (Phellodendron amurense).
Une recette de préparation de la teinture se trouve dans le "Engishiki" qui est un recueil de lois et règlements datant du 10e siècle. Il semble qu’il ait été très utilisé pour la teinture des vêtements des gens du peuple et des habits des moines bouddhistes.
Il est souvent utilisé en mélange avec l’indigo en particulier Polygonum tinctorium pour donner des verts
Son emploi pour teindre les papiers fins est mentionné dans "Makura no sōshi" ou "Livre de l’oreiller", traité de Seisho Nagon datant du 11e siècle.
Il semble qu’il aurait également été utilisé dans l’impression des estampes bien qu’il soit très peu résistant à la lumière.
Mode de préparation
La récolte a lieu à la fin de l’été quand se forment les épis. Les tiges sont fauchées et réunies en bottes qui sont mises à sécher jusqu’à l’hiver. Elles sont séchées rapidement avant que les impuretés venant de l'eau ou du sol ne les souillent.
Pour préparer la teinture, tiges et feuilles sont mises à bouillir. Après filtration de la couleur, les pièces à teindre sont plongées dans le bain puis passées dans un bain alcalin (lessive de cendres de camélia en particulier) pour obtenir un jaune très intense. Avec un mordançage à l’alun la couleur tend vers le vert.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (sukizome) ou de la feuille (hitashizome par trempage ou hikizome par brossage).
Pour teindre du papier par trempage, les feuilles sont pincées une à une entre deux plaquettes de bois par le petit coté. Cela permet de garder la feuille plate pendant le trempage.
Mode de préparation
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (Seonyeombeop) ou de la feuille par trempage, brossage ou pulvérisation (Huyeombeop ) ou par combinaison des deux méthodes (Honyeombeop). Le papier peut ensuite être martelé.
Aire d'utilisation
Chine, Corée, Japon.
Culture et usage
Miscanthus tinctorius est une graminée vivace pouvant atteindre 60 à 150 centimètres de hauteur. Il fleurit d’août à septembre. Les fleurs forment des grappes et produisent des caryopses.
Ces herbes préfèrent des sols frais à humides de type limono-sableux et une exposition semi-ombragée. Elles résistent bien au gel.
Les colorants se trouvent dans les tiges et les feuilles. Les principaux colorants, des flavones, sont la lutéoline ou lutéolol et l’arthraxine.
La teinture lorsqu’elle est fraiche peut donner un jaune brillant ; en mélange avec d’autres teintes on obtient des jaunes moutarde à des verts mousse. La couleur n’est pas très stable à la lumière en particulier lorsque le mordant utilisé est l’alun.