Broussonetia kazinoki Siebold & Zucc.
Broussonetia kazinoki var. ruyangensis P.H. Ling & X.W. Wei
Broussonetia monoica Hance
Aire de croissance
Chine Originaire ou cultivée. (Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Sichuan, Taiwan, Yunnan, Zhejiang), Corée (Gyeongsang, Jeolla), Japon (Honshu, Shikoku, Kyushu, Okinawa), Taiwan.
Pousse en bordure de forêt, en basse montagne.
Synonymes POWO (4)
Papiers fabriqués depuis cette plante (16)
📍 Japon (1)
Noms vernaculaires (6)
🌐 Anglais (1)
🌐 Chinois (2)
- Chu (楮)
- Xiao gou shu (小构树 )
🌐 Coréen (1)
- Dak na mu (닥나무)
🌐 Français (1)
🌐 Japonais (1)
- Hime kouzo (ヒメコウゾ )
Zones de production
Culture et usage
Le mûrier à papier dans le passé et jusqu’à présent pousse ou est cultivé dans toute la Chine.
Aire d'utilisation
Tohoku (Préfectures de Miyagi, Fukushima).
Culture et usage
Les principaux lieux de production des écorces se trouvent dans la préfecture de Fukushima.
Il est difficile de séparer l’usage du kozo de celui du kazinoki dans la fabrication des papiers, leur emploi ayant évolué au cours du temps (l’analyse des documents anciens ne renseigne pas car il est impossible de déterminer les deux espèces par analyse fibreuse). Il semble cependant que le Broussonetia papyrifera soit le plus couramment utilisé. Actuellement les deux espèces sont souvent cultivées ensemble et utilisées en mélange. Le mode de préparation ne change pas d’une espèce à l’autre.
Se référer à Broussonetia papyrifera pour les éléments historiques.
Le papier de pures écorces de mûrier (choshi) est utilisé pour la calligraphie, les documents officiels, l’imprimerie. Les papiers destinés à la calligraphie reçoivent un encollage afin d’éviter à l’encre de s’étaler et de paraître terne et plate. Actuellement les papiers pour la calligraphie peuvent contenir d’autres fibres comme du bambou ou de la paille de riz pour élargir la gamme des effets esthétiques à obtenir.
Dans les arts, les papiers de mûrier servent de support à la peinture, à l’estampe, au montage des peintures en rouleaux, paravents ou portes coulissantes.
Ils sont très utilisés dans les maisons pour recouvrir fenêtres, portes coulissantes et murs ainsi que dans les divers artisanats où ils servent à la confection d’ombrelles, lanternes, éventails, tissus, jouets etc.
Enfin ils se retrouvent également dans les articles à usage religieux ou cérémoniel.
Ils sont aussi utilisés pour la confection d’étoffes : la feuille est directement employée après avoir été traitée pour la renforcer (kamiko) ou après fabrication de fils, l’étoffe étant obtenue par tissage souvent en mélange avec des fils textiles, soie, coton ou chanvre (shifu).
Introduction papier
Suffixes kami, gami, shi = papier.
Au Japon les papiers de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
La récolte commence quand les feuilles sont tombées en novembre, décembre. Les branches sont coupées en morceaux égaux d’un mètre de longueur pour constituer des fagots. Ces fagots seront placés dans une étuve pendant deux à trois heures pour faciliter le pelage des écorces.
L’écorce à ce stade est appelée « écorce noire » à cause de sa couche la plus externe qui doit être éliminée avant l’engrangement. Elle est grattée à l’aide d’une lame de couteau.
L’écorce est ensuite rincée puis mise à sécher sur râtelier. L’écorce est à maturité pour préparer le papier après deux ou trois ans de stockage.
Avant la cuisson les écorces peuvent être blanchies : elles sont exposées au soleil dans l’eau froide d’un cours d’eau ou sur la neige.
La cuisson dans une lessive alcaline permet d’éliminer lignine, pectines, cires et gommes qui gêneraient la séparation des fibres au moment du battage. Les lessives sont préparées soit à base de cendres de bois soit de réactifs alcalins (soude ou chaux). La cuisson dure en moyenne deux heures mais la durée varie en fonction de l’âge de l’écorce et de l’alcali utilisé. Après la cuisson les écorces sont rincées pour éliminer les résidus de lessive.
L’élimination des impuretés dures ou colorées est effectuée à la main dans l’eau froide.
La pâte est ensuite battue manuellement avec maillets ou gourdins, ou en pile hollandaise à la japonaise, la naginata.
La pâte est versée dans une cuve en bois déjà remplie d’eau, puis l’agent dispersant est rajouté à la pâte qui est brassée à l’aide d’un râteau.
Deux méthodes sont utilisées pour former la feuille: nagashizuki ou tamezuki. Le tamezuki consiste à prélever en une seule fois la quantité de pâte nécessaire pour former la feuille. Le nagashizuki consiste à superposer des couches de fibres par prélèvements successifs jusqu’à obtention de l’épaisseur désirée.
Les feuilles sont couchées une à une sur une planche munie de repères de calage, avec ou sans intercalaire (fils, tiges) permettant une meilleure séparation après pressage. Le pressage est effectué en plaçant la pile de feuilles sous charge ou dans une presse à levier, à la fin de la journée de travail ; il dure généralement une nuit.
Pour les faire sécher, les feuilles sont brossées sur des planches de bois qui seront placées en extérieur ou à l'intérieur d'étuves. Actuellement on utilise aussi les plaques métalliques chauffantes.
En dernier lieu, les feuilles seront triées et généralement rognées au couteau en utilisant un gabarit.
Aire d'utilisation
Gyeongsang, Jeolla.
Culture et usage
Le mot « dak » en coréen est un terme générique pour « mûrier à papier » ; Les deux espèces Broussonetia papyrifera et Broussonetia kazinoki ont été hybridées très tôt et les deux noms « Daknamu (Broussonetia kazinoki) et Kkujinamu (Broussonetia papyrifera) sont souvent confondus, le terme Daknamu étant le plus souvent employé mais pouvant désigner l’une ou l’autre des deux espèces. Il semble cependant que le Broussonetia kazinoki soit le plus couramment utilisé.
L’arbuste poussait dans toute la Corée et sa culture a progressé avec le développement de l’industrie papetière.
Les fibres de dak semblent avoir été utilisées dès le début de la fabrication du papier entre les 2e et 4e siècles ap. JC; La surface rugueuse des premiers papiers est aplanie par martelage ou "dochim", une pratique qui semble apparaître au 8ème siècle. Durant la période Goryeo (918-1392) le gouvernement encourage le développement de l’industrie papetière. Le bouddhisme introduit vers le 4e siècle, devient à cette période, la religion dominante, les textes sacrés sont alors abondamment copiés puis imprimés pour leur diffusion, provoquant une augmentation de la consommation de papier.
Le gouvernement Joseon (1392–1910) devant l’ampleur de la demande va encourager la diversification des matières premières. Progressivement des fibres de diverses natures seront mélangées aux fibres de dak et la qualité qui faisait la réputation du papier coréen au début de la période Joseon, décroît considérablement à partir du 16e siècle.
Les papiers de mûrier sont utilisés pour la calligraphie, les documents officiels, l’imprimerie Dans les arts, ils servent de support à la peinture, à l’estampe, au montage des peintures en rouleaux, paravents ou portes coulissantes.
Ils sont très utilisés dans les maisons pour recouvrir fenêtres, portes coulissantes, murs et sols ainsi que dans les divers artisanats où ils servent à la confection d’objets à usage domestique, boites, jarres, ombrelles, lanternes, éventails, tissus, jouets etc. Enfin ils se retrouvent également dans les articles à usage religieux ou cérémoniel.
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
La récolte a lieu entre novembre et février. Les arbustes d’un an sont choisis de préférence pour leurs fibres tendres.
Les branches sont coupées à 1m20; pour faciliter l’écorçage, les fagots sont couchés dans un chaudron métallique rempli d’eau ils sont recouverts de paille ou de toile grossière épaisse qui permet de retenir la vapeur. Le dispositif est chauffé pendant 5 à 7 heures. Après étuvage les écorces peuvent être directement séparées du bois. L’écorce est alors mise à sécher au soleil. Elle est appelée à ce stade «écorce noire» car la couche la plus externe de l’écorce est sombre. Cette pellicule doit être éliminée par grattage avec une lame.
L’écorce blanche est laissée à tremper pendant toute une journée à nouveau pour faciliter l’élimination des éléments solubles et la pénétration dans les fibres de la solution alcaline. Puis les écorces sont coupées et réunies en paquets pour la cuisson alcaline.
Elles sont placées dans un baquet avec une lessive caustique pour bouillir pendant trois à quatre heures. Cette opération permet d’éliminer la lignine et les matières incrustantes (pectines, amidons).
La lessive alcaline est préparée à partir de cendres de plantes ou de réactifs chimiques (chaux, soude caustique ou carbonate de sodium).
Les écorces sont ensuite rincées dans l’eau courante pendant une demi-journée afin d’éliminer lessive et substances dissoutes.
L’immersion dans l’eau courante peut se prolonger pendant plusieurs jours afin d’exposer les fibres au soleil pour les blanchir.
L’élimination des impuretés est faite manuellement dans l’eau froide.
Les fibres sont ensuite essorées et battues sur une pierre plate ou une planche de bois dur à l’aide d’un gourdin en bois, un pilon et plus récemment la pile hollandaise japonaise, naginata.
Pour procéder à la mise en feuille, la cuve est tout d’abord remplie d’eau puis la pâte est versée dans le cuvier. L’agent dispersant est rajouté à la pâte qui est brassée.
Les méthodes utilisées s’appellent webal, ssangbal et jangpanji.
Dans la méthode du Webal, la feuille est formée en général de deux couches. Elle est couchée sur une planche en bois: soit la feuille est déposée seule, soit une seconde feuille est déposée à sa surface, tête-bêche pour ne former qu’une seule feuille (hapji).
La méthode du Ssangbal est dérivée du nagashizuki japonais qui réapparait après 1900 (la méthode avait été importée au début du 15e siècle quand la production devait être accélérée).
Dans le Jangpanji, qui est utilisé pour la fabrication des feuilles de grand format, la forme est maintenue par deux personnes à chacune des grandes extrémités. La feuille est formée par couches successives de pâte.
Dans tous les cas, les feuilles sont couchées à l’aide du tamis mobile pour former une pile; elles sont séparées ou non par un élément intercalaire (fils, tiges) qui facilitera la séparation après le pressage. Avant de soulever le tamis, le tas de feuilles est pressé à l’aide d’un rouleau de bois afin d’éliminer les bulles d’air.
Le pressage est réalisé sous charge ou dans une presse à levier. L’égouttage se fait lentement (12 heures).
Pour être séchées, les feuilles sont brossées sur une surface lisse: planche de bois, sur le sol en papier huilé chauffé, sur des plaques métalliques chauffantes.
Le calandrage ou Dochim est l’étape qui rend le papier plus compact, moins poreux et qui lui donne une surface lisse. Les feuilles sont ré humidifiées en petits paquets d’une dizaine puis sont martelées sur une pierre plate à l’aide d’un maillet à pied (actuellement le maillet est motorisé).
Aire d'utilisation
Chine, Corée, Japon.
Culture et usage
Les Brousonnetias forment l’un des genres de la famille des moracées qui comprend plusieurs espèces dont les principales sont le B. papyrifera, le B. kazinoki, le B. kaempferi, le B. kurzii.
Brousonnetia kazinoki est un arbuste à feuilles caduques qui pousse à l’état sauvage mais peut être cultivé; il peut atteindre 3 à 15m de hauteur. L’espèce est dioïque. La floraison a lieu d’avril à mai. Les fruits sont comestibles. Il pousse aussi bien en terrain plat, ce qui permet une récolte facile, qu’à flanc de colline, où les terrains sont moins prisés pour les autres cultures. Il s’accommode aussi bien des terres sèches que des terrains humides.
La culture du Brousonnetia kazinoki est plus simple que celle du Broussonnetia papyrifera et les deux espèces sont souvent plantées en mélange dans les champs.
Les arbustes fournissent des écorces utilisées depuis toujours en Asie de l’est et dans l’arc pacifique. Elles sont principalement employées dans la fabrication du papier, mais aussi en médecine traditionnelle comme le sont les feuilles et les fruits de l’arbuste.
Les feuilles du Broussonetia Kazinoki sont plus larges que celles du Broussonetia papyrifera. Au Japon, on les utilisait pendant les fêtes d’été de Tanabata pour écrire des poèmes.
Les arbustes cultivés donnent de meilleures fibres que les sauvages ; celles-ci sont épaisses, longues et résistantes. Les fibres du Kazinoki sont plus longues et plus résistantes que celles du Broussonetia papyrifera. Sa croissance est lente, cependant la récolte peut avoir lieu chaque année.
Culture et usage
En Thaïlande, l’utilisation du broussonetia a démarré avec l’occupation japonaise (à cause d’une demande grandissante de papier de leur part) durant la seconde guerre mondiale. Il a remplacé le streblus asper (Khoi) qui manquait alors que le broussonetia était abondant dans le nord de la Thaïlande.
Introduction papier
Les papiers de fibres de mûrier à papier sont une production moderne en Thailande.
Mode de préparation
La récolte a lieu quand l’arbuste a atteint une certaine maturité. Les écorces sont pelées directement des branches. Elles sont tout d’abord placées dans l’eau claire durant une journée pour les ramollir. Puis elles sont mises à bouillir dans de l’eau de chaux ou une lessive de cendres de bois pendant 5 heures. Cette cuisson est suivie d’un rinçage. L’élimination des impuretés s’effectue à la main.
Le raffinage est réalisé manuellement à l’aide de maillets en bois sur une table en bois ou en pile hollandaise japonaise (naginata). Si le papier doit être coloré, la teinture est ajoutée à la pâte.
La forme utilisée pour la mise en feuille est fixe; c’est une toile de coton tendue sur des montants de bois. Deux méthodes sont utilisées pour former la feuille: la forme est plongée et agitée pour permettre la répartition de la pâte; la forme est mise à flotter à la surface de la cuve et la pâte mesurée en quantité voulue et diluée dans un récipient, est versée sur la forme pour être répartie de manière homogène, à la main.
Pour le séchage, la forme est posée en oblique au soleil. Après séchage complet la feuille sera pelée de la forme.
Statut géographique attesté (4)
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Japon
Indigène
Sous le concept GRIN (traité comme espèce à part entière) : indigène au Japon (Honshu, Kyushu, îles Ryukyu, Shikoku). Sous le concept POWO (traité comme hybride B. × kazinoki), cette notion d'aire native propre ne s'applique pas — voir l'attestation « sensu POWO » sur cette même fiche.Source : Broussonetia kazinoki Siebold — Germplasm Resources Information Network (GRIN-Taxonomy), USDA
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Corée
Indigène
Sous le concept GRIN (espèce) : indigène en Corée.Source : Broussonetia kazinoki Siebold — Germplasm Resources Information Network (GRIN-Taxonomy), USDA
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Taïwan
Indigène
Sous le concept GRIN (espèce) : indigène à Taïwan (nord et centre).Source : Broussonetia kazinoki Siebold — Germplasm Resources Information Network (GRIN-Taxonomy), USDA
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Géographie (Statut taxonomique, sensu POWO) — Broussonetia kazinoki
Introduit (hybride)
POWO traite ce taxon comme un hybride accepté, Broussonetia × kazinoki (formule : B. monoica × B. papyrifera), et non comme une espèce indépendante. POWO ne lui attribue donc pas d'aire native propre : son aire est décrite comme se situant naturellement entre celles de ses parents. Ce cas illustre directement pourquoi le champ « Concept taxonomique » est indispensable dans ce modèle — les lignes GRIN (espèce, aire native Japon/Corée/Taïwan) et POWO (hybride, sans aire propre) décrivent le même nom scientifique sous deux délimitations taxonomiques incompatibles.Source : Broussonetia × kazinoki Siebold — Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew (powo.science.kew.org)