Phellodendron amurense Rupr.
Aire de croissance
China (Anhui, Hebei, Heilongjiang, Henan, Jilin, Liaoning, Nei Mongol, Shandong, Shanxi), Japan (Honshu, Kyushu, Shikoku), Korea, Russia (Far East, Siberia, Sakhalin Island), Taiwan.
It grows in mountain, in river valleys, in forests and in thickets.
Synonymes POWO (18)
- Phellodendron amurense var. molle (Nakai) S.H.Li & S.Z.Liou heterotypique (POWO)
- Phellodendron amurense var. suberosum (H.Hara) H.Hara heterotypique (POWO)
- Zanthoxylum kibada Siebold heterotypique (POWO)
- Phellodendron nikkomontanum Makino heterotypique (POWO)
- Phellodendron sachalinense f. longipes Y.C.Wu heterotypique (POWO)
- Phellodendron piriforme E.L.Wolf heterotypique (POWO)
- Phellodendron sachalinense (F.Schmidt) Sarg. heterotypique (POWO)
- Phellodendron amurense f. molle (Nakai) Y.C.Zhu heterotypique (POWO)
- Phellodendron sachalinense var. suberosum H.Hara heterotypique (POWO)
- Phellodendron amurense f. suberosum (H.Hara) H.Hara heterotypique (POWO)
Papiers fabriqués depuis cette plante (6)
📍 Chine (1)
📍 Corée (4)
📍 Japon (1)
Noms vernaculaires (8)
🌐 Anglais (2)
🌐 Chinois (1)
- Huang bo (黄檗)
🌐 Coréen (1)
- Hwangbyeok (황벽)
🌐 Français (2)
Zones de production
Culture et usage
Phellodendron amurense est l’une des 50 plantes de base de la médecine traditionnelle chinoise. L’écorce est la partie de la plante qui est médicalement utilisée mais l’huile tirée des fruits l’est également.
Le procédé permettant de donner l’apparence du vieux papier est appelé jan huang. Cette tradition de teindre les papiers pour leur donner l’apparence de l’ancienneté a débuté dès le 2e ou 3e siècle, en particulier pour les livres. C’est une pratique qui semble surtout destinée à protéger les livres des dommages des insectes et en même temps à conférer au papier une surface brillante. La teinture était réalisée avant ou après rédaction du texte. De nombreux manuscrits de Dunhuang ont été traités de la sorte.
Un décret de 675 (dynastie Tang) rend obligatoire l’utilisation de papiers jaunes pour les documents officiels afin de les protéger des insectes. Cette pratique perdurera sous les Song (960-1127). Pour ces mêmes raisons les papiers jaunes sont souvent utilisés pour la rédaction des soutras.
Une alternative pour protéger les livres des dommages causés par les insectes était l’emploi de litharge qui donnait au papier une couleur orangée.
La teinture des papiers est décrite dans plusieurs ouvrages : le « Qimin yaoshu » ou « Principales techniques pour le bien-être du peuple » de Jia Sixie datant du milieu du 6e siècle ; le « Zunsheng bajian » ou « Huit ordonnances pour suivre le sens de la vie » par Gao Lian (datant de 1591) et le « Wuli xiaoshi » ou « Petit recueil sur le principe des choses » par Fang Yishi (1643).
Il est précisé dans le « Qimin yaoshu » que les papiers jaunes sont souvent embellis par un cirage qui donne une surface dure et lisse.
Introduction papier
Suffixes zhi ou chih = papier.
En Chine, à la différence de la Corée et du Japon, les papiers de fibres de mûrier à papier ne sont pas prédominants, la production de papier de fibre de bambou étant la plus importante.
Mode de préparation
L’écorce externe de Phellodendron est éliminée et la partie interne est réduite en morceaux et placée dans un sac, immergé dans l’eau et mis à bouillir ; puis le filtrat, liquide jaune et amer, est recueilli en pressant l’écorce.
Les résidus sont de nouveaux pilés et bouillis à trois reprises et les filtrats des trois bains sont mélangés. Cela permet d’obtenir plus de liquide et une couleur moins saturée. Ce liquide est appelé Huang po.
Le papier à teindre doit être non encollé pour que la teinture pénètre mieux. Le papier une fois teint a une apparence brillante.
Une variante consiste à immerger simultanément la feuille de papier dans la décoction de Phellodendron et dans des décoctions de cupules de chêne (Quercus acutissima ou Quercus serrata) et carthame (Carthamus tinctorius) afin d’obtenir plus de nuances de jaune.
Culture et usage
C’est le colorant jaune le plus important pour la teinture des tissus dès le 7e siècle. Il est également employé dans l’impression des estampes.
C’est le colorant jaune le plus couramment utilisé pour teindre les papiers destinés à la copie de soutras. Cette prévalence est due à ses propriétés à la fois colorantes et insectifuges. Après teinture le papier était poli.
Ces papiers servaient souvent pour la rédaction des poèmes et des lettres intimes mais aussi pour les documents officiels.
Le colorant est souvent utilisé en mélange avec de l’indigo pour obtenir des verts.
Généralement la pâte est teintée dans la cuve avant fabrication de la feuille.
Introduction papier
Suffixes kami, gami, shi = papier.
Au Japon les papiers de kozo sont les plus nombreux.
Au Japon les papiers de kozo sont les plus nombreux.
Mode de préparation
Le bois est découpé en petits morceaux qui sont mis à bouillir. L’extrait est filtré avant utilisation. Il n’est pas nécessaire de procéder à un mordançage.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (sukizome) ou de la feuille (hitashizome par trempage ou hikizome par brossage).
Pour teindre du papier par trempage, les feuilles sont pincées une à une entre deux plaquettes de bois par le petit coté. Cela permet de garder la feuille plate pendant le trempage.
Culture et usage
A cause de leurs vertus insectifuges, les papiers teintés avec le Phellodendron étaient très utilisés dans la confection des plats de reliures et pour recevoir les textes de sûtras ou les écrits officiels (comme les certificats de naissance).
Ils étaient aussi fréquemment employés dans la confection des papiers gaufrés (neunghwaji).
Introduction papier
Suffixe ji = papier.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
En Corée les papiers d’écorces de mûriers à papier sont les plus nombreux.
Mode de préparation
La récolte a lieu entre mai et juin. La partie interne de l’écorce ou le bois sont découpés en petits morceaux qui sont mis à bouillir. L’extrait est filtré avant utilisation.
Les papiers teints avec Phellodendron amurense sont fixés par mordançage avec des tanins extraits de l’écorce du châtaignier ou des glands de chêne.
La teinture des papiers se fait de deux façons : teinture de la pâte à papier (Seonyeombeop) ou de la feuille par trempage, brossage ou pulvérisation (Huyeombeop ) ou par combinaison des deux méthodes (Honyeombeop). Le papier peut ensuite être martelé.
Aire d'utilisation
Chine, Corée, Japon.
Culture et usage
Phellodendron amurense est un arbre pouvant atteindre 10 à 15m de hauteur, à grosses branches, dont l’écorce de couleur gris clair a la consistance du liège. Rustique, il s’accommode de sols de diverses natures. Les fleurs de couleurs jaune-vert sont petites. La floraison a lieu en mai-juin. Les fruits poussent en grappes et dégagent une forte odeur quand on les écrase. Ils donnent une huile dont les propriétés insecticides sont similaires à celles du pyrèthre.
Phellodendron amurense est très largement cultivé en particulier en Chine, pour ses propriétés médicinales (traitement des infections) et tinctoriales apportées par les alcaloïdes qu’il contient.
Les alcaloïdes des colorants sont principalement la berbérine, mais aussi la ménispérine, palmatine, jatrorrhizine, phellodendrine, candicine, magnoflorine.
Le colorant jaune obtenu à partir de l’écorce a été très largement utilisé en Asie. La couleur varie du jaune pale au brun suivant la concentration. Elle est très sensible à la lumière et se décolore en brun orangé.
Introduction papier
Suffixes zhi ou chih = papier.
En Chine, à la différence de la Corée et du Japon, les papiers de fibres de mûrier à papier ne sont pas prédominants, la production de papier de fibre de bambou étant la plus importante.